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Le Centre de Santé
30/05/2009 19:52
8/-LE CENTRE DE SANTÉ
En 1945, le conseil municipal émit le vœu qu'un hôpital civil soit édifié sur la commune. L'autorité de tutelle refusa sa construction en évoquant qu'Alger n’était qu'à 25 kilomètres et que ses hôpitaux avait un potentiel suffisant pour accueillir les malades de la région de Rouïba. Le 2 Février 1949, la construction d'un centre de santé est décidée. Le projet évolue rapidement et son coût est évalué à 1 600 000 Frs. La direction des affaires sanitaires donne son accord el propose même une participation financière. Mais un problème d'implantation se pose, aucun terrain n'étant disponible dans le centre du village le projet se trouve bloqué. Ce n'est qu'en 1954 que ce centre de santé fut construit, non pas par la municipalité mais par la caisse centrale agricole de Maison Carrée. C'est la commune qui fournit le terrain derrière les ateliers municipaux. Le centre de santé comprend au rez de chaussée une salle de consultation avec radios¬copie, une pharmacie pour les produits courants, 2 salles d'attente l'une pour les hommes et l'autre pour les femmes, 2 salles de déshabillage, ainsi qu'un vestiaire et un W.C. Au premier étage se trouve l'appartement de l'infirmière. Ces locaux sont loués pour une somme modique à la commune pour 30 années minimum. La gestion financière du centre est, bien entendu, à la charge de la commune. Quant à l'infirmière, elle est directement désignée par la caisse agricole-Ce dispensaire devait vite s'avérer de grande utilité, tout particulièrement pour la population indigène la plus démunie qui pouvait recevoir les soins nécessaires à leur état de santé gratuitement. Le 4 Janvier 1954, la commune faisait l'acquisition d'une ambulance. Actuellement le centre est devenu une P.M.I
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
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La Prison
30/05/2009 19:49
7/-LA PRISON
La première prison de Rouïba fut aménagée sous le château d'eau situé entre les groupes scolaires garçons et filles en 1932. Deux cellules la composaient. Le moins que l'on puisse dire, les détenus étaient au frais... Dans l'enceinte des bâtiments municipaux de la rue des écoles faisant office d'ate¬liers et de garage fut construite la nouvelle prison, avant la dernière guerre. A la sortie des classes, lorsque la lourde porte d'accès était ouverte, les enfants ne pouvaient jamais s'empêcher d'y scruter l'intérieur. Je fus de ceux-là. La prison se composait de 4 cellules de 4 mètres carrés chacune fermées d'une porte métallique avec œil de surveillance et aérées par un minuscule vasistas protégé de barreaux métalliques. Les entrées des cellules débouchaient sur une petite cour de promenade entourée de hauts murs surmontés de tessons de bouteilles et de fils de fer barbelés. Le seul aménagement intérieur des cellules était une paillasse de béton servant de lit. N'ayant point trouvé dans mes relations quelqu'un qui eut l'honneur d'y séjourner je ne pourrai donc point vous entretenir aussi bien du confort que de la nourriture des détenus. C'était le garde-champêtre qui se chargeait de leur apporter les repas ; les dits repas étaient généralement confectionnés par le gargotier de l'avenue de Réghaïa. La prison était peu fréquentée. Elle servait essentiellement à héberger les ivrognes titubants dans les rues du village le temps de «décuver» ainsi que de dépôt pour 24 heures en attendant que la sûreté urbaine d'Alger vienne prendre possession des prévenus. Aucune célébrité de la criminalité y a séjourné, si ce n'est les 2 marocains qui assas¬sinèrent la famille Vives, qui y passèrent quelques heures entre 2 interrogatoires. La prison servait aussi de morgue provisoire pour les victimes d'accident étrangères à la commune ainsi que pour les découvertes macabres faites sur le territoire de la commune. Quelques autopsies furent faites en plein air dans la cour de la prison. Durant les événements d'Algérie avant la construction de la nouvelle gendarmerie qui avait ses propres cellules de sécurité, les gendarmes de Rouïba utilisèrent la prison à plusieurs reprises lorsqu'ils démantelèrent des réseaux terroristes. Par contre l'armée stationnée à Rouïba ne l'utilisa pas. Dans les fermes où elle stationnait les cuves à vin permettaient d'abriter les «taulards» avec un minimum de risque d'évasion.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
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Les fermes de Rouiba
30/05/2009 19:46
6/-Les Fermes de Rouïba
Devant le nombre important de domaines sur la commune, je me permettrai de vous donner les caractéristiques de ceux dont j'ai pu obtenir des renseignements précis. Le domaine des 3 caves d'une superficie de 132 hectares dont 129 étaient plantés en vigne produisaient annuellement environ 6000 hectolitres. Sa cave, grâce à ses amphores en ciment armé (c'est le nom des cuves à vin), pouvait contenir 15 000 hectolitres.
Les domaines d'Antoine Camps se décomposaient comme suit : le Clos Haouch El Bey d'une superficie de 50 hectares d'excellente terre aux cépages sélectionnés produi¬sait 5 000 hectolitres. Sa cave bâtie en 1915 pouvait contenir 13 000 hectolitres. En 1948, ce domaine devenait la propriété de Hubert Masquera. Le Clos des Mimosas qui, en 1962, appartenait à Albert Sintès associé à Hermancc Camps de 40 hectares assurait une récolte de 5 000 hectolitres, le Clos Saint-Jean 2 500 hectolitres pour 33 hectares et enfin le Clos Ste-Marie qui à l'origine était la propriété de monsieur Blasselle d'une superficie de 45 hectares donnait 3 500 hectolitres. Le domaine Nicolas Décaillet créé en 1866 qui, en 1906, devait devenir la Société Décailler possédait une cave pouvant recevoir 25 000 hectolitres, fut de tout temps, une ferme modèle. L'un des 8 enfants de la famille, Barthélémy, inventa la cuve à fermenta¬tion à lessivage automatique qui, par la suite, devait se généraliser. Sa sulfaterie auto¬matique dont l'architecte constructeur fut monsieur Guérinau permettait à une personne de préparer toutes les bouiliies. En 1925, la ferme disposait d'une écurie moderne pour ses 48 chevaux bretons et avait ses propres ateliers de forge, charronage et bourrellerie. Le gérant de la propriété était Ernest Décaillet. Emile Décaillet possé¬dait le domaine Enendjéma de 70 hectares produisant 8 000 à 9 000 hectolitres de vin par an. Grâce à 4 puits d'un débit de 480 mètres cubes heure i 1 fut 1 e premier propriétaire à arroser ses vignes. La propriété Humbert (Armand Dorgueil) route de Réghaïa, produisit 7 000 hecto¬litres sur ses 70 hectares. Dès 1920, monsieur Jules Humbert qui exploitait cette propriété possédait un tracteur. Le domaine Barthélémy Sintès d'une superficie de 120 hectares n'avait que 45 hectares de yigne qui produisaient 7 000 hectolitres, 15 hectares d'orangerie, le reste des terres étant réservé aux cultures céréalières. Parmi les petites propriétés, le domaine Lucien Bertrand et fils d'une superficie de 17 hectares dont 15 de vigne produisaient allègrement ses 2 200 hectolitres. La cave possé¬dait une cuverie de 2 500 hectolitres plus 9 000 hectolitres pour le stockage.
7- Vignoble
La vigne fut la principale culture de notre village occupant les trois cinquièmes de la commune. Cette culture se développa dès 1870 et ne fit que progresser d'année en année. Le tableau ci-dessous est plus que significatif. Une remarque s'impose : durant les années de guerre nous pouvons constater que la production diminue sérieusement ce qui prouve les soins demandés et attendus par la vigne. L'agriculture à Rouiba employait 1200 personnes à l'année. A ce chiffre s'ajoutais les saisonniers qui atteignaient le milier durant les vendanges, ainsi que les tailleurs de vigne dont certains venaient d'Espagne.Il s'agit de véritables équipes d'ouvriers qualifiés encadrées d'un contremaître. En 1920, un tailleur de vigne touchait 8 francs par jour plus 2 litres de vin. En 1925, le salaire journalier était de 12 francs et 2 litres de vin ; pour les indigènes, moins qualifiés, le salaire était de 8 francs et sans vin. En 1962, 120 exploitations appartenaient à des européens et 335 à des musulmans. 85% des terres cultivables étaient la propriété des européens, la ferme moyenne ayant une superficie d'une cinquantaine d'hectares La Pépinière des Ponts de Chaussées Sur le terrain communal se situant route de Ain-Taya où par la suite se trouvait la ferme de Jean Garcia le laitier, et la scierie d'Adrien Gilabert, une pépinière fut crée par les Ponts et Chaussées de l'époque dès 1900 . En 2002 une pépinière a été crée après le cimetière GUEDHIA à l'embranchement Rouiba Fondouk appartenant aux Frère SENIA et qui existe à nos jours
- le phylloxéra
La vigne fut introduite à Rouïba par monsieur Anaud Dorgueil qui était originaire de la région bordelaise et ce dès 1864. Elie devait rapidement se développer et lorsque le phylloxéra fit son apparition dans les environs de Tlemcen en 1885 Rouïba avait déjà 603 hectares plantés. La maladie fit son apparition dans le département d'Alger à la venue des colons du Midi qui avaient apporté dans leurs bagages des plants contaminés. Rouïba fut touché en 1908, ce fut catastrophique. Il fallut tout arracher et replanter le vignoble en plants américains sur lesquels on greffa les anciens cépages tels que le Carigan, le Grenache, PAlicante Bouschet rouge, la Clairette pointue, le Mersaguera ou encore le Maccabéo blanc. Le vignoble ne devait être reconstitué qu'en 1914. Plusieurs petits propriétaires furent ruinés et durent vendre leurs terres.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
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